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INTOXICATION par les CHAMPIGNONS VENENEUX M

La plupart des intoxications ont lieu en septembre et octobre

Voir Tox'in sur le Vidal: https://www.vidal.fr/toxin/champign/champign/

 Répertoire des champignons: https://mycodb.fr/index_photo.php

Clinique:

Evocation du diagnostic:

      plusieurs personnes avec troubles digestifs ayant partagé le même repas.

      dans 95% des cas ce sont des douleurs abdominales et des vomissements

Incubation de moins de 6 heures

90% des intoxications par les champignons

Incubation de plus de 6 heures

ce sont les cas les plus graves

      le syndrome résinoïdien

      le syndrome muscarinien ou sudorien

      le syndrome panthérinien

      le syndrome psilocybien

      le syndrome coprinien


     le syndrome phalloïdien

     le syndrome orélanien

     le syndrome gyromitrien

     le syndrome proximien

     le syndrome de rhabdomyolyse

     le syndrome acromélalgien

 

 

Champignons

Incubation

Symptômes

Syndrome phalloïdien

Amanita phalloïdes      Amanita verna             Amanita virosa

Lepiota alveola              Lepiota bruneo incarnata

Galerina antumnalis    Galerina venenata

X l'Amanita est souvent confondue avec la Coulemelle ou le Rosé des près.

6 à 15 h.

- Phase gastro-intestinale:      vomissements incoercibles.

diarrhée profuse.

déshydratation, hypovolémie.

insuffisance rénale fonctionnelle.

Puis courte phase de rémission à J2.

Puis phase d'insuffisance hépatocellulaire aiguë:              cytolyse hépatique                         avec élévation des transaminases.

Baisse du taux de prothrombine        et baisse du facteur V.

Ce syndrome est responsable de plus de 95% des décès par champignon.

 

Syndrome orellanien

Cortinarius orellanus Cortinarius speciosissimus Cortinarius splendens

X ne pas confondre avec une girolle.

3 à 7 j. jusqu'à 17 jours.

- Au début: soif, frissons, céphalée,  douleurs abdominales, nausées, vomissements, somnolence.

Puis installation d'une néphrite   tubulo-interstitielle aiguë.

Syndrome gyromitrien:

Gyromitra esculenta

X ne pas confondre avec une morille


6 à 24 h.

- Début par des troubles digestifs:     douleurs abdominales, , diarrhée, vomissements.

Puis le 2e ou le 3e jour, cytolyse hépatique généralement modérée.

Parfois insuffisance rénale                ou troubles neurologiques.

 

Syndrome proximien:

Amanita proxima

8 à 14 h

- Début par des troubles digestifs, douleurs abdominales. nausées, vomissements,

Puis insuffisance rénale aiguë due à une tubulopathie nécrosante.

 

Syndrome de rhabdomyolyse:

Tricholoma auratum Tricholoma flavovirens Tricholome équestre

 ou Tricholome jaune, Jaunet, Chevalier, Bidaou.

Champignon considéré comme comestible jusqu'en 2003.

Rencontré surtout dans le Sud-Ouest de la France.

24 à 72 h.

-Après ingestion d'une grande quantité de champignons.

Un champignon asiatique, Russula subnigricans, donne les mêmes signes.

Nausées, diarrhée, myalgies des membres inférieurs, asthénie intense.

polypnée, hypersudation, apyrexie.

Insuffisance rénale avec cas mortels.   

Présence de myoglobine dans les urines de couleur porto.

Elévation des CPK.

 

 

Syndrome acromélalgien:

Clitocybe amoenolens       c'est un champignon à lamelle d'odeur agréable.

Clitocybe renversé ou Lepista inversa

24 heures

- Acrosyndrome douloureux, avec brûlures des mains et brûlures des pieds.

Les douleurs des extrémités évoluent par crises paroxystiques.

Erythermalgie: mains rouges et pieds rouges.

 

Syndrome résinoïdien

Bolet de Satan

Clitocybe de l'olivier

Entolome livide

Tricholome tigré.

Ou certains champignons  consommés crus.

Ou consommation abondante de champignons comestibles.

15 minutes à 3 heures

- Douleur abdominale, diarrhée, vomissements,

Les symptômes régressent généralement en quelques heures.

Le risque le plus important est celui d'une déshydratation.

Ce syndrome représente 60% des intoxications par les champignons.

 

Syndrome muscarinien        ou cholinergique:

Clitocybe dealbata

Clitocybe rivulosa

Clitocybe cerussata                  Inocybe patouillardi        Inocybe fastigiata         Inocybe geophylla 

dans l'Amanita muscaria la muscarine n'est qu'en très faible quantité


1 à 2 h.

Troubles digestifs: douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée.

Sueurs profuses, hypersécrétion salivaire et bronchique.

Hypotension, bradycardie, myosis, confusion mentale.

Intoxication proportionnelle à la quantité de champignons ingérés.

Le plus souvent amélioration en         1 à 3 heures.

 

 

Syndrome panthérinien     ou anti-cholinergique:

Amanita muscaria

et Amanita pantherina

dans l'Amanita muscaria la muscarine n'est qu'en très faible quantité.

1 à 3 h.

- Début par un malaise général (sensation de tête vide, jambes vacillantes).

Puis troubles digestifs modérés: nausées, vomissements, diarrhée.

Puis troubles neurologiques: agitation, ivresse, hallucinations, délire.

Puis torpeur, somnolence.

A l'examen: tachycardie et mydriase.

 

Syndrome psilocybien       ou hallucinogène

Psylocybe lancéolé

les 2 molécules responsables (psilocybine et psilocine) sont proche du LSD.

Il s'agit d'intoxications volontaires.

30 min.

- Ces champignons sont ingérés crus, cuits, diverses préparations culinaires.

Il faut 50 champignons par personne pour provoquer l'intoxication.

Hallucinations parfois pénibles à supporter.

Trouble de la vision des couleurs.

euphorie, distorsion du temps et de l'espace.

 

Syndrome coprinien:

Coprin noir d'encre

Paxilus enroulé.




30 min.

à 2 heures après la prise d'alcool

- Les signes n'apparaissent qu'avec la prise d'alcool, c'est un effet antabuse.

Flush, céphalées, sueurs, tachycardie, hypotension.

 

Prévention:

Ramasser uniquement les champignons que l'on connaît parfaitement.

Ou en faire manger à un chat et conserver les autres 24 h. dans le réfrigérateur.

Toujours récolter les champignons entiers, avec leur base.

Ne pas les récolter près d'un site pollué (bord de route, usine, décharge, ..).

Ne cueillir que les champignons en bon état.

Si un champignon suspect a touché les autres, il faut jeter toute la cueillette.

Séparer les champignons par espèces pour éviter une contamination entre eux.

Les récolter dans un panier ou un carton, pas dans du plastique qui les fait pourrir.

Se laver les mains après la récolte.

Photographier la récolte pour permettre un diagnostic ultérieur.

En cas de doute, demander l'avis d'un pharmacien ou d'une société de mycologie.

Ne pas se fier aux applications d'identification de champignon sur smartphone.

Ne pas les consommer après une conservation de plus de 2 jours.

Ne pas donner des champignons d'une cueillette aux enfants.

Les consommer cuits, 20 à 30 min. à la poêle, pour neutraliser certaines toxines.

L'Amanite a une volve + un anneau + des lamelles, mais elle peut perdre l'anneau.

 

 

TOUT CE QUI EST FAUX

Champignons dits inoffensifs:

  • tous les champignons de printemps
  • les champignons de la fin de l'automne.
  • les champignons se développant sur des arbres vivants.
  • les champignons attaqués par les escargots, les limaces ou tout autre insecte.
  • les champignons de couleur violette.
  • les champignons qui exhalent une odeur de farine de froment fraîche.
  • les champignon à l'odeur agréable.
  • les champignons même les plus vénéneux, après leur dessication.
  • les champignons ingérés par des chiens ou des chats.
  • les champignons dont on jette l'eau de cuisson.

Champignons dits vénéneux:

  • champignons prenant naissance sur des végétaux en décomposition.
  • tous les champignons visqueux.
  • les champignons qui sécrètent du latex, naturellement ou après leur section.
  • les champignons amers, âcres ou piquants.
  • champignons modifiant la couleur d'une pièce en argent pendant la cuisson..
  • champignons qui font coaguler le blanc d'oeuf ou le lait.


Orientation thérapeutique:

En cas de signes d'intoxication grave:

      noter l'heure du repas et l'heure des premiers symptômes.

      si les signes apparaissent 6 heures après l'ingestion:

            Appeler le 15 ou le centre antipoison ou hospitaliser.

            envoyer une photo du champignon au centre anti-poison.

            même si l'identification est impossible sur photo pour plusieurs espèces.

Syndrome phalloïdien:

      réhydratation parentérale massive.

      respecter la diarrhée riche en amatoxines.

      charbon activé, 25 à 100g. en suspension buvable.

      N-acétylcystéine.

      pas de métoclopramide (Primpéran): il serait un obstacle à la transplantation.

      et évacuation d'urgence en réanimation.

      le traitement le plus efficace est la transplantation hépatique !

Syndrome orellanien:

      évacuation d'urgence en réanimation.

      une dialyse ou une transplantation rénale peuvent être nécessaire.

Syndrome gyromitrien:

      surveiller plusieurs fois par jour:

            ionogramme, transaminases, créatinine, INR, bilirubine et hémogramme.

      réhydrater.

Syndrome proximien:

      épuration extrarénale.

Syndrome de rhabdomyolyse:

      hospitalisation à cause du risque de décès.

Syndrome acromégalien:

      ce sont les bains d'eau froide qui calment le mieux les douleurs.

Syndrome résinoïdien:

      traitement symptomatique.

Syndrome muscarinien:

      lavage d'estomac.

      sérum physiologique en perfusion.

      sulfate d'atropine 1/2 mg en inj. sc ou iv toute les 4 heures pendant 1 à 2 jours.

      correction des troubles hydro-électrolytiques.

Syndrome panthérinien:

      réhydratation.

      traitement symptomatique.

      dans le syndrome panthérinien NE PAS FAIRE d'injection d'atropine.

      le pronostic est généralement favorable.

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charbon activé: Toxicarb 20g de charbon pour 100ml

sulfate d'Atropine 1/2 mg: Atropine sulfate Aguettant 0,5mg/1ml