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SOUFFRANCE au TRAVAIL (fréquent)

C'est un mal être physique ou psychologique provoqué par:

      les difficultés de la profession

      l'organisation du travail

      ou les relations humaines défavorables

      

Clinique:

Signes pouvant évoquer une souffrance au travail:

      sentiment d'humiliation.

      sensation d'être disqualifié.

      anxiété, troubles du sommeil.

      appréhension à se rendre au travail.

      asthénie.

      consommation de psychotropes ou d'alcool.

Phase de décompensation:

      se rendre au travail provoque la terreur, une tachycardie, des sueurs.

      perte de mémoire, amaigrissement, somatisations.

      dépression, insomnies, cauchemars.

      sentiment de culpabilité.

      tentative de suicide.

      impression de ne lus arriver à faire complètement son travail."je n'y arrive plus".

      ce sont les symptômes observés au début du burn-out.

Et ces troubles sont rattachés aux conditions de travail:

      ils sont liés à une souffrance infligée sur les lieux du travail.

      cette souffrance est infligée d'une personne à une autre personne.

      ou est infligée par les pratiques managériales d'une institution.

      un harcèlement peut être descendant, ascendant, horizontal ou externe (client). 

X repérer les pressions dues au ''management":

         surcharges de travail adaptées aux situations environnementales.

         exigences de qualité et de productivité.

         mauvaises conditions de travail inévitables.

         remarques destinées à améliorer le travail du salarié.

X repérer une surestimation du vécu de harcèlement par le patient:

         le harcèlement moral est une donnée subjective, difficile à apprécier.

         il a généralement lieu sans témoin.

         un incompétent mal dans sa peau, peut se sentir harcelé à chaque remarque.

         le médecin ne doit pas se fier aux seules plaintes du patient.

X repérer les cas psychiatriques:

         un paranoïaque peut voir, à tort, des persécuteurs sur le lieu du travail.

         un pervers peut vouloir disqualifier un supérieur, un salarié ou un collègue.

X repérer les cas de vengeance:

         un salarié licencié peut vouloir se venger.

         mais des fausses allégations ne provoquent pas un sentiment de culpabilité.

X repérer la recherche dun bénéfice secondaire:

         une plainte peut être une stratégie pour obtenir l'inaptitude au poste de travail.

Causes et corrélations:

L'entreprise qui harcèle:

      plus que le dirigeant, le système de management est souvent en cause.

      ignorance du fonctionnement de l'entreprise, parcellisation des tâches.

      décalage entre ce qui est demandé au salarié et ce qu'il peut réaliser.

      déplacement fréquent des salariés.

      évaluation individualisée des performances et comparaison des résultats.

      mise en concurrence des salariés en mesurant les résultats.

      les collègues de travail ne sont plus solidaires, ils sont concurrents.

      cette stratégie empêche la création d'amitiés, de gestes de reconnaissance.

  Le supérieurs hiérarchique qui harcèle:

      la gestion des ressources humaines est de plus en plus fondé sur la peur.

      domination par une personnalité perverse.

      critiques systématiques du travail du salarié.

      évaluation et notations abusives.

      humiliations destinées à entraîner une démission.

      insultes, agressions, menaces de licenciement, .

      isolement d'un salarié devenant le bouc émissaire du groupe.

      ou isolement du salarié avec cessation de toute communication verbale.

      mode de travail imposé ayant perdu tout sens et toute finalité pour le salarié.

      consignes contradictoires rendant le travail impossible à effectuer.

      commandes de tâches irréalistes, imposition de performances exagérées.

      sanctions injustifiées basées sur des faits inexistants ou véniels.

      privation de bureau, de téléphone, d'avantages inscrits dans le contrat.

      indemnités non payées.

       refus, au dernier moment, des vacances accordées.

Harcèlement du salarié concernant sa vie privée:

      critiques de son physique ou de sa tenue.

      allusions désobligeantes à la vie affective.

      injures sexistes ou racistes, arrogance, moqueries..

      contrôle des communications téléphoniques, des courriels, des affaires privées.

Facteurs favorisants propres à la victime:

      fragilité mentale du salarié.

      durée des transports.

      vie privée, avec un membre de la famille souffrant d'une affection chronique.

 

10 causes de souffrance au travail:

      manque de reconnaissance.

      organisation défaillante.

      exigence du rendement.

      conditions de travail difficile.

      manque d'ergonomie.

      manque de cohésion dans le partage des taches.

      mononotonie du travail fait de taches répétitives.

      faiblesse des revenus.

      incertitudes sur l'avenir de l'entreprise.

  

Prévention:

Analyse des techniques managériales par l'entreprise.

Définir, au début de l'emploi, les horaires et les cadences de travail.

Rencontres avec dialogue entre la hiérarchie et les salariés.

L'employeur a obligation de veiller à la santé mentale et physique des salariés.

Repérage des cas de stress au travail par le médecin du travail.

Mise en place de cellules d'écoute pour les salariés en difficulté.


Orientation thérapeutique:

Première rencontre avec le patient:

      écouter toutes les plaintes.

      redonner confiance au salarié.

      essayer de comprendre avec la victime ce qui a déclenché le processus.

      lui donner le courage de retourner dans l'entreprise en attente de la solution.

      lui demander de recueillir le maximum de preuves.

      le patient peut également compter sur le soutien de sa famille le plus souvent.

      aider la victime à comprendre ce qui vient de lui et ce qui vient du harceleur.

Déclaration:

      un arrêt de travail en cas d'urgence:

            suivi ou non de demande de "maladie professionnelle".

            mais, en dehors de l'urgence, l'arrêt de travail n'arrange rien.

       ou une inaptitude à tout poste dans l'entreprise pour danger grave et immédiat:

            en se référant à l'article R241-51-1 du code du travail.

            avec l'accord du salarié.

            l'inaptitude aboutit à un licenciement et sans garantie de reclassement.

            mais la déclaration d'inaptitude préserve les droits d'accès à l'ASSEDIC.

            il faut que les arguments soient fondés.

      rédaction du certificat:

            ne jamais écrire "harcèlement", le médecin n'en a pas la preuve.

            écrire "souffrance au travail" pour n'accuser personne.

            c'est au médecin du travail et au juge à vérifier s'il y a harcèlement.

Conseils au patient

      éviter les fausses solutions comme les stimulants: café, alcool, tabac.

      verbaliser les émotions.

      faire des séances de relaxation.

      avoir une activité physique pour décompenser.

      avoir un hobby: chant, activité de groupe, ..

      prendre du recul, recueillir des conseils, faire un plan d'action.

      se poser la question d'une reconversion après un bilan de compétences.

      clarifier sa situation en se faisant aider.

Trouver de l'aide

      -le médecin du travail en premier lieu:

            il est apte à vérifier la sécurité des conditions de travail.

            il peut être au courant d'autres plaintes.

            il est apte à vérifier la véracité d'un harcèlement.

            il est apte à proposer un changement de poste.

            il peut demander à la direction de lancer une enquête administrative.

            au vu de l'enquête, la direction pourra ouvrir une procédure disciplinaire.

      -le chef d'entreprise.

      -le psychologue de l'entreprise.

      -l'assistante sociale de l'entreprise.

      -les institutions représentatives du personnel: syndicat, ..

      -l'Inspecteur du travail.

      -le Médiateur:

            le médiateur sera choisi avec l'accord des deux parties.

            le médiateur consigne par écrit ce qu'il propose.

      -le Défenseur des droits.

      -l'Agence régionale d'amélioration des conditions de travail.

      -la Direction Départementale de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS).

      -le Comité d'Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT):

            dans les entreprises de plus de 50 salariés..

      -le Comité Social et Economique (CSE) de l'entreprise.

      -la Caisse régionale d'assurance maladie, fusionnée dans l'ARS:

            service de prévention des accidents du travail et maladies professionnelles.

      -une consultation spécialisée de "souffrance au travail".

            https://annuaire.souffrance-et-travail.com/

      -le Conseil des Prudhommes.

      -un avocat spécialisé en droit du travail.

      -les associations d'aide aux victimes de souffrance au travail.

      -éventuellement demander un avis psychiatrique.

Souffrance au travail du personnel de santé:

     téléphone vert: 0805 23 23 36